Randonnée hivernale dans le Mercantour : une aventure imprévue jusqu’au refuge de Nice
Bonjour à toi lecteur,
Moi, c’est Elodie, j’ai 29 ans et je vis actuellement près de Nice, avant de rejoindre prochainement la Haute Savoie. Passionnée de montagne et de sports outdoor, je profite de chaque occasion pour être dehors, souvent accompagnée de mes deux fidèles acolytes à quatre pattes.
Mon objectif : continuer à découvrir, explorer et repousser mes limites, jusqu’à toucher un jour à l’alpinisme.
Je te laisse découvrir la sacrée aventure que j’ai vécu lors d’une excursion, dirons-nous, pas comme les autres.
Une journée qui devait commencer simplement
Il y a des journées que l’on prépare pendant des semaines et qui ne se déroulent absolument pas comme prévu. Et puis il y a celles qui, justement parce qu’elles dérapent complètement, deviennent des souvenirs que l’on garde toute une vie. Cette aventure dans le Mercantour fait partie de celles-là.
Tout avait pourtant commencé de façon assez classique. La veille, il avait beaucoup neigé sur le massif, mais la météo annonçait une belle journée. J’avais envie de profiter de cette neige fraîche pour aller découvrir le lac Autier, un endroit que j’avais très envie de voir sous son manteau blanc. J’ai chargé mon sac dans la voiture et je suis partie tôt, impatiente de retrouver ce sentiment de liberté que seule la montagne m’offre. Mais la montagne rappelle toujours qu’elle décide.
Quand la montagne impose ses propres règles
En remontant la piste qui mène au départ de la randonnée, je me suis rapidement rendue compte que la route était enneigée. Impossible d’aller plus loin avec la voiture. J’ai essayé de réfléchir à une solution, mais il était évident que je ne pourrais pas continuer. J’étais encore à environ cinq kilomètres du véritable point de départ.
Beaucoup auraient sûrement fait demi-tour. Moi, je n’avais qu’une envie : continuer.
J’ai donc laissé ma voiture sur le bas-côté et tenté ma chance en faisant du stop. Après quelques minutes, une voiture s’est arrêtée et m’a gentiment déposée jusqu’au départ du sentier. Cette première preuve de solidarité m’a immédiatement mise dans un état d’esprit particulier. La journée commençait sous le signe de la confiance.
En arrivant sur le sentier, je me suis rapidement rendu compte que la neige était bien plus présente que ce que j’avais imaginé. J’avais prévu quelques passages enneigés, mais certainement pas une telle quantité. Je n’avais que de petits crampons dans mon sac, pas de raquettes. À chaque pas, je m’enfonçais un peu plus. Très vite, j’ai compris que la progression serait compliquée.
Une rencontre décisive sur le sentier
C’est à ce moment-là que j’ai croisé un groupe de cinq randonneurs. Ils étaient équipés de raquettes et avaient prévu de passer la nuit au refuge de Nice. Comme il n’y avait pratiquement aucune trace dans la neige, ils ouvraient le chemin.
Je leur ai demandé si je pouvais avancer avec eux pour profiter de leur trace. Sans hésiter, ils ont accepté.
Je ne connaissais absolument pas ces cinq personnes quelques minutes auparavant. Pourtant, nous allions partager une aventure que je n’oublierai jamais.
Au fil des kilomètres, la randonnée est devenue de plus en plus exigeante. Même en suivant leur trace, la neige restait profonde et chaque pas demandait un effort considérable. Les paysages étaient magnifiques, presque irréels. Tout était silencieux. Seuls nos souffles et le bruit de nos pas dans la neige venaient rompre le calme de la montagne.

Le temps passait beaucoup plus vite que nous n’avancions.
Nous étions loin des horaires prévus. Plus nous progressions, plus il devenait évident que la journée ne se terminerait pas comme je l’avais imaginée.
Alors que nous approchions de mon objectif, le lac Autier, le groupe m’a conseillé de réfléchir sérieusement à la suite. Ils connaissaient la montagne, les distances et surtout le temps qu’il me faudrait pour redescendre seule. Avec les kilomètres supplémentaires jusqu’à ma voiture, le risque de finir dans l’obscurité devenait bien réel.
Ils m’ont alors proposé une alternative totalement inattendue : faire demi-tour immédiatement ou continuer avec eux jusqu’au refuge de Nice pour y passer la nuit.
J’étais partie uniquement pour une randonnée à la journée.
Je n’avais ni vêtements de rechange, ni duvet, ni de quoi manger, absolument rien de prévu pour passer une nuit en refuge.
Pendant quelques secondes, j’ai hésité.
Puis je me suis rappelé pourquoi j’aimais autant partir à l’aventure. Les plus belles expériences naissent souvent lorsque l’on accepte de sortir de ce qui était prévu.
J’ai décidé de leur faire confiance.
Nous avons continué ensemble.
La montée est devenue encore plus difficile. Sans raquettes, je m’enfonçais régulièrement dans la neige. Chaque sortie de jambe demandait un effort énorme. Le froid devenait de plus en plus présent, mais l’ambiance du groupe faisait oublier la difficulté. Nous échangions, nous plaisantions et nous nous encouragions mutuellement.
Petit à petit, le soleil a commencé à disparaître derrière les sommets. La lumière est devenue dorée, puis bleue.
Enfin, la nuit est tombée.
Il nous restait encore plusieurs heures de marche.
Ces deux heures passées dans l’obscurité resteront probablement parmi les plus marquantes que j’aie vécues en montagne. Les températures avoisinaient les -12 °C. Autour de nous, il n’y avait plus que l’immensité blanche, le silence et la lumière de nos lampes frontales qui dessinait le chemin devant nos pieds.
Dans ces moments-là, on réalise à quel point un équipement fiable devient indispensable. Une bonne lampe frontale ne sert pas seulement à voir où l’on met les pieds. Elle apporte aussi un véritable sentiment de sécurité. Lorsque tout autour de soi est plongé dans le noir, cette simple lumière devient un repère rassurant.
Pour mieux comprendre les critères à comparer avant une sortie nocturne, consultez notre guide pour choisir une lampe frontale adaptée à la randonnée.
Malgré la fatigue, malgré le froid et malgré les jambes lourdes, personne ne perdait le sourire.
Nous avancions ensemble.

Finalement, les lumières du refuge sont apparues au loin.
Je me souviens encore du soulagement immense que j’ai ressenti à cet instant. Après tant d’efforts, voir cette petite bâtisse éclairée au milieu de la montagne avait quelque chose de magique.
Cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire. Quelques heures auparavant, je ne connaissais personne dans ce groupe. Et pourtant, ils m’avaient accueillie sans jamais me faire sentir que j’étais de trop. Ils m’avaient fait confiance, conseillée, aidée et permis de vivre une aventure complètement inattendue.
Le lendemain, en redescendant vers la vallée, je repensais à tout ce qui s’était passé.
Si j’avais fait demi-tour devant la route enneigée…
Si personne ne s’était arrêté lorsque je faisais du stop…
Si je n’avais pas osé demander à suivre ce groupe…
Si eux avaient refusé…
Aucun de ces souvenirs n’existerait aujourd’hui.
La montagne est souvent associée au dépassement de soi. Pour moi, elle est aussi un formidable lieu de rencontres. Elle rassemble des personnes qui, sans jamais s’être vues auparavant, savent s’entraider lorsque les conditions deviennent difficiles.
Cette aventure m’a rappelé qu’il est parfois nécessaire d’accepter l’imprévu. Bien sûr, il ne faut jamais prendre de risques inconsidérés, mais savoir s’adapter, écouter les personnes plus expérimentées et faire confiance peut transformer une simple randonnée en une expérience inoubliable.
Je suis partie ce matin-là avec un objectif précis en tête. Je suis rentrée avec bien plus qu’une randonnée réussie.
Je suis rentrée avec le souvenir d’une aventure humaine extraordinaire, de cinq inconnus devenus des compagnons de route le temps d’une journée, de paysages hivernaux incroyables, de deux heures de marche dans la nuit à -12 °C et d’une leçon que la montagne ne cesse de m’enseigner : les plus belles histoires sont rarement celles que l’on avait planifiées.
C’est aussi dans ces moments-là que l’on comprend l’importance d’un équipement sur lequel on peut compter. Quand la nuit tombe plus tôt que prévu, que le froid s’installe et que chaque pas demande de l’énergie, disposer d’une lampe frontale fiable devient bien plus qu’un simple accessoire. C’est un élément qui accompagne l’aventure, qui apporte de la sécurité et permet de continuer à avancer avec confiance.
Cette journée restera, sans aucun doute, l’une des plus belles aventures que j’aie vécues en montagne.



